Compte-rendu du week-end TGV 2012

Ce week-end nous étions une douzaine de Gônes à Pralognan pour prendre le bon air de la montagne. Quatre ont fait le tour complet en 2 jours, trois se sont lancés sur l’incontrounable, trail de 33km et 2400m D+, et six ce sont attaqués à la TGV qui cette année était réduite à 60km et 3000m de D+ pour raison de mauvais temps. Parmi les concurrents, nous avons une championne : Marion qui finit 3ème senior femmes sur le parcours de la TGV, bravo à elle !

Place aux compte-rendus :

 

Ballade dominicale à Pralo ou la TGV par Thierry

 

Dimanche 1er juillet 4h50, ça y est cette fois on y est !!!!

500 coureurs sur la ligne, et 6 GR prêts à s’élancer pour ce fameux TGV : Renaud, Damien, Mathieu, Marion, LoloM et moi.

Comme nos illustres ainés, nous allons enfin affronter cette épreuve, quelque peu remaniée. Et oui, la météo est prévue mauvaise pour l’après-midi et l’organisation a pris la décision de raccourcir l’épreuve pour raisons de sécurité. La montagne ça se prend au sérieux et pas question de laisser prendre 500 personnes dans un orage à 2800m d’altitude !!!

L’info est tombée la veille au soir et bien qu’un peu déçus de ne pas faire le « vrai » parcours, on est tous motivés une fois sur la ligne. Au programme de la journée : 61km et 3000m de D+.

5h07 le départ est donné.

Je me suis mis comme objectif d’essayer de finir en 10h et de rester +/- au contact de Renaud. Je pars donc avec Renaud et Lolo qui veut partir tranquillement. On laisse alors les 3 furieux (Mathieu, Marion et Damien) partir devant.

Très rapidement, je sens que c’est pas la grande forme pour moi. J’ai pas très bien dormi (bizarrement un peu excité), et je me sens fatigué. Renaud et Lolo sont en forme et je n’arrive pas à suivre le rythme. « Laisse tomber », il faut gérer et je les laisse s’éloigner. Je suis vraiment pas au top et je commence à gamberger ; puis je me remémore le GR20 l’année dernière où la 1ère montée à l’aube était difficile avant que le jus ne revienne. C’est comme ça, il faut le temps que ça chauffe. Arrivé au lac des vaches, ça commence à venir et je finis la 1ère ascension (1200m de D+) sur un bon rythme. Finalement, j’arrive au ravito du col de la Vanoise quasi dans le temps de passage prévu : c’est bon je suis dedans. Je recharge l’eau et je repars aussi sec. Je me sens bien et je sais que le prochain tronçon est roulant. En plus d’être roulant, ce passage du col de la Vanoise au refuge d’Arpont est magnifique.

Entre grisaille et éclaircies, je cours sur ce petit sentier en balcon entouré de montagne : c’est le kiff !!!

Je rattrape quelques coureurs mais reste prudent pour ne pas céder à l’euphorie. En plus, ma cheville commence à me faire mal par intermittence, mais pas de quoi s’inquiéter. Objectif : ravito de l’Arpont en 3h30. Je profite de ce moment et arrive au ravito dans les temps. Grande joie en retrouvant Renaud et Lolo arrivés quelques minutes avant moi. C’est cool je les rattrapés et après une petite collation on décide de repartir ensemble.

3e tronçon : Arpont-Plan sec. Ce côté est moins joli que le précèdent, mais bon on n’est pas là pour acheter du terrain !!! Belle descente bien rythmée sur un single, puis on commence à remonter. Forcément il va bien falloir le faire ce dénivelé !! La 1ère montée se passe bien, mais la 2è commence à être + difficile. Lolo est en grande forme et il décide de partir seul en nous laissant Renaud et moi : lâcheur 😉

Renaud est pas au top mais reste à peu près dans le rythme. Moi, je gère cette dernière partie en faux-plats montants en alternant course et marche. Après une grande descente où ma cheville me fait bien souffrir, on arrive à mi-parcours au refuge de plan sec.

On retrouve Lolo et Damien qui sont quasi prêts à repartir. Quelques mots d’encouragement et on les laisse filer pour se reposer qq minutes : un ptit passage aux toilettes, une bonne soupe, et un bon ravito permettent à Renaud de se refaire la cerise. On repart ensemble pour attaquer la dernière ascension vers le col d’Aussois à 2950m.

Ça va mieux pour Renaud et on part sur un bon rythme. Arrivés au pied du col, le temps se gâte et la pluie commence à tomber. La montée est très technique avec un sentier à deviner dans les rochers, et les quelques névés : un vrai col de montagne.

Ça commence à être très dur : la fatigue de la course, l’altitude, j’ai l’impression d’avoir une enclume sur le dos. Heureusement un passage dans un torrent glacé a du anesthésier ma cheville et je sens plus rien… Je reste concentré sur mes pas en essayant de trouver la moindre petite pierre qui m’évitera de faire une grande enjambée en mode « petit plateau-grand pignon ».

J’arrive au sommet du col : y’a un vent de malade, mais la dernière difficulté est passée !!!

Renaud n’a pas suivi dans la montée, et je décide de continuer tout seul.

Place à la descente !!

Très technique également mais pas non plus infaisable, je me lâche. 2 passage sur des névés en mode tout schuss, j’envoie du bois et rattrape pas mal de coureurs qui marchent sur des œufs.

Une fois la partie technique avalée, il reste encore de la descente jusqu’au dernier ravito mais c’est plus roulant. Sur la fin de la descente, j’ai la tendinite du genou qui commence à me faire des clins d’œil, mais rien d’alarmant.

Je profite du ravito qq minutes parce que mine de rien il reste encore 10 bornes et que je  veux pas finir en vrac.

Je repars pour la dernière portion (la plus chiante), 10km de descente roulante et faux-plats sur Pralo qui paraissent interminables. Là le cerveau et le corps se réveillent et sentant l’écurie commencent à me dire qu’ils en ont marre, qu’ils ont mal ci et là et… TA GUEULE !!!!

Après 3km à en chier, je coupe le fil et donne tout ce qui reste : plus vite j’arrive, moins longtemps j’ai mal !!!

Je perds quand même quelques places sur cette portion en voyant revenir quelques gars qui courent bien sur le plat. Note pour plus tard : améliorer ma vitesse à plat 😉

L’arrivée est proche et je vais rentrer dans mon objectif à quelques petites minutes prêt. Je profite de ces instants.

Arrivée dans le village, dernière ligne droite, j’entends la cloche des GR qui m’attendent : ça y est c’est fait, j’ai fini la TGV.

Quel KIFF !!!!!

Je passe la ligne en 10h06.

J’ai géré ma course sans jamais être dans le rouge et j’ai pris un immense plaisir. Mon corps m’a laissé tranquille ou à peu près, mais bon avec ce que je lui ai mis, je trouve qu’il a été cool.

Encore un we GR réussi !! Super ambiance avant, pendant et après course. C’est quand le prochain… pas trop tôt quand même !!!

Maintenant, place à la récup et au repos…

Thierry


Damien :

 

Dans la série, “c’est ma première”, voici le récit mon premier petit ultra trail, le Tour des Glaciers de la Vanoise.

Revenons six mois en arrière, en rentrant d’un entraînement avec Thierry et Mathieu, j’entends parler de la TGV et leur envie d’y participer. Après avoir fait le tour de la question (le temps du retour en voiture, donc 10 minutes de réflexion), j’accepte le challenge et fixe ainsi mon principal objectif de la saison: 73km et 3800m de dénivelé positif en plein coeur du Parc de la Vanoise. C’est parti pour une préparation “sérieuse” avec au programme des trails (Nuit du Pilat, Trail de Mirmande et Ardéchois) et des raids (Haut de l’Arc, Fraggle’s Rock, O’bivwak, Aventure Chablaisienne) pour monter en pression. Sans oublier les séances d’entraînements collectives des GR en côte ou en fractionné, combinées à des footings matinaux à jeun et autre renforcements musculaires. Honnêtement le plus dur fut d’arrêter les bières deux semaines avant l’échéance. 

J-7: Je suis Fin Prêt! L’attente commence à être longue.

C’est parti, je quitte le bureau et direction Pralognan-la-Vanoise pour rejoindre la petite troupe de Gones Raideurs présents sur tous les parcours des Trails de la Vanoise du weekend. Encore une sacrée équipe d’ailleurs car nous sommes pas loin d’être une quinzaine en comptant les guests pendant notre séjour. Comme à l’accoutumer, nous arrivons un peu tard et tout le monde nous attend pour commencer à manger. Au menu du soir, une poêlée de dinde à la crème accompagée de son riz et de ses courgettes, ça change des pâtes! La soirée ne s’éternise pas, chacun trouve son lit et passe sa première nuit à Pralo’.

7h du matin, ce samedi, Sylvie, Alex, Julie et LoloV sont prêts à partir pour faire le tour des glaciers en randonnée sur deux jours avec en prime une nuit en refuge, Nous nous recroiserons dimanche après-midi, bonne balade! Quand à nous, le réveille est plus tardif, 9h. Chacun se lève à son rythme et prend son petit dej’ tranquillement, alors que je sens une bonne dose d’énervement monter en moi. Un bouillonnement qu’il va vite falloir expulser, j’aurai tout le dimanche pour l’évacuer. Une fois prêts, nous partons, pique-niques dans les sacs, pour faire une petite balade avec une montée en téléphérique jusqu’au refuge des barmettes. Les TGVistes décident de se trouver un coin à l’ombre pour se reposer et jouer à un Time’s up enflammé. Quand aux filles, Anne-Laure et Cathy, engagées sur l’Incontournable, feront une ascention au Lac des Vaches.
15h, nous redescendons pour chercher nos dossards et faire un petit tour de village. L’occasion de retrouver les potes Mathilde et Caro, qui s’occuperont du ravitaillement au col de la Vanoise et voir passer toutes les courses. 
19h, moment du briefing, l’atmosphère est tendue. L’organisation annonce le changement de parcours à cause d’une météo changeante et de névés pas forcément sécurisés. Nous passeront par le col d’Aussois, empruntant ainsi le tracé originel. Pour nous rassurer, le chef de la sécurité à envoyer des CRS pour fixer des mains courantes sur les zones périlleuses. Résultat, le départ sera bien donné à 5h mais le parcours comptera 61km contre 73km et 3200m + au lieu des 3800m annoncés. 12km de moins, c’est pas plus mal en fin de compte, enfin nous nous rassurons comme nous pouvons… “Apéro!”, qu’est-ce qui se passe? Je me retourne et vois débarquer un Roukin qui a accompagné Mat et So’ pour passer le weekend avec nous et nous supporter! Voilà une bonne nouvelle! Dommage, l’ambiance n’est pas à l’apéro, nous resterons sages. Après la pasta-party, et un petit tour digestif, 22h30, dodo! 

Après une nuit agitée, les nerfs sont toujours pas redescendus, debout à 3h45! Ca y est, nous y sommes, réellement. Nous ingurgitons un petit déjeuner, nous nous préparons minutieusement. “Aller les gars!”, je connais cette voix: Roukin! Il s’est levé pour nous accompagner sur la ligne. Il nous avoue qu’il arrivait pas à dormir car trop tendu pas l’esprit compet’ et qu’il tenait absolument à nous encourager! Au top!
5h07: Top départ! Nous démarrons en peloton, au clair de Lune par la montée au Col de la Vanoise rejoindre Mathilde et Caro 8 km plus loin. Tous les concurrents sont très disciplinés et les premiers furieux s’envolent devant. Je décide partir à mon rythme et arriver en haut en un peu plus de 1h20. Le temps de remplir le camel’ et de faire un bisou aux copines et je repars derrière Marion toute proche. Une fois revenue sur ces talons, nous faisons un petit bout de chemin ensemble jusqu’au refuge de l’Arpont. Tout se passe bien, mes sensations sont bonnes et je profite à fond du moment. Le plateau de la Vanoise est vraiment très beau et les névés sont bien là! Ça glisse pas mal!
Direction le refuge de Plan Sec, Marion prend son envol dès que ça monte… Je commence à accuser le coup de l’altitude, les jambes sont là mais le souffle est court. Je monte tranquillement. La tête est dans le brouillard, une sensation de moins bien, comme un lendemain de cuite! Je continue jusqu’au refuge sans me soucier du reste, je me fais doubler, doubler, doubler… C’est interminable. Aller, il faut se reprendre. Je débute un processus de remotivation et me répétant: “C’est ici et maintenant, ici et maintenant!” Ça marche pas trop mal puisque j’arrive au ravitaillement. Je m’impose une petite pause d’un quart d’heure pour me remettre les idées au clair et faire le plein. 5 minutes plus tard, LoloM arrive nettement plus frais que moi, suivi de Thierry et Renaud. Lolo et moi les félicitons et décidons de repartir ensemble vers la dernière difficulté de la journée. Nous avons déjà quasiment fait 6 heures de courses.
Col d’Aussois, nous voilà! Dès l’approche, sur le plat, le verdict tombe: je n’ai toujours pas récupéré de jus. J’encourage alors Lolo à partir seul. Je ferai la montée à mon allure, lentement, très lentement… Je croise Elodie des X-Bionic qui me dépose également dans l’ascension. Le vent se lève, les premières goûtes apparaissent. Ça va être long, très long! Un rapide coup d’oeil sur le GPS. . L’erreur, je constate que l’altitude augmente bien alors que le kilométrage bouge péniblement! Aller c’est ici et maintenant. J’arrive finalement en haut, à 2900m. Enfin la descente! La météo s’est calmée et le soleil a réapparu. La fin est proche! Un névé est transformé en piste de ski. Tout le monde descend prudemment. Une fois les névés passés, je me remets à mon rythme de descente! Go! C’est bon je suis reparti sur de bonnes bases. Je rattrape pas mal de concurrents qui tirent la langue au moindre cailloux ou passage de marches. Je me sens bien dans ma tête et léger sur mes cuisses. Aucune douleur.
Dernier ravitaillement, refuge du Roc de la Pêche, une dernière pause avant de rentrer! Ça continue un peu à descendre mais au moindre faux-plat montant, je me retrouve encore à l’arrêt. Aller je profite de ces derniers kilomètres pour apprécier le retour. L’expérience continue au 50ème, en pleine descente, ma gorge se noue, impossible de respirer, l’angoisse. Je ne comprend pas, je suis pourtant quasiment arrivé. Je reprends mon souffle et me reconcentre. 100m plus loin, rebelote, sauf que mes yeux s’humidifient. Qu’est-ce qui se passe? “Oh gros débile! t’es arrivé, go!” J’avale mes 10 derniers kilomètres d’introspection et je vois Mat’ qui vient à ma rencontre. “Oh c’est bon ça!” Je n’ai jamais été si content de le voir celui-là. Nous finissons ces derniers 1000m ensemble. Il ne se rate pas et chute à mes pieds dans une flaque de boue, un grand sportif je vous dis. Bon, il m’aurait fait tomber, je pense que je n’aurai jamais réussi à me relever… 
Nous y sommes! Une haie d’honneur de GR m’attend! Je file avec le sourire jusqu’à la ligne d’arrivée. C’est Bon, c’est fait! C’était la-bas! C’est maintenant! 
Passage éclair devant le speaker pour remonter voir mes coéquipiers et prendre des nouvelles de tout le monde. Beaucoup  de plaisir pour chaque Gone. Chacun semble avoir fait une bonne course. Mathilde, Caro, So’ et Roukin sont bien évidement aussi présents pour encourager les concurrents et surtout pour me signaler que je suis blanc comme un cul que je ferai bien d’aller manger un morceau! 
Direction la douche qui m’a valu une nouvelle expérience, une crise de gloussements incontrôlée… bizarre ce qu’il se passe dans la tête.

Voilà, un an quasiment jour pour jour après mon premier trail, un 25km en région parisienne et une saison complète préparée avec les GR, je viens de boucler mon premier Ultra avec en prime 9h30 de pur plaisir et sans jamais douter de ne pas boucler le tour. Je dois avouer qu’après avoir passer la ligne, j’avais qu’une envie, raccrocher mes chaussures et boire des bières pour un moment. Mais maintenant, quelques jours après, il tarde de m’y remettre et de retourner à l’entraînement pour viser de nouveaux objectifs!
Félicitation à tous sur tous les formats, bravo Marion pour cette belle troisième place. Et merci à tous pour le support d’avant, pendant et d’après course!

9 réflexions au sujet de « Compte-rendu du week-end TGV 2012 »

  1. Encore bravo Thierry et à tous ceux qui ont fait la course! Je m’y suis retrouvée dans ton CR mais avec plus de temps pour bien sentir le terrain et les dénivelés difficiles 🙂 je confirme: super we des gones!

  2. Félicitations Thierry, c’était cool ce petit CR de vive voix ce matin à la borne Vélov 😆 bonne perf, ça donne envie pour l’année prochaine !!! félicitations à tous les autres GR et Marion grosse bise pour ta 3eme places 😆 I love it !!!!

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